Métier : pharmacien

Les professionnels de la santé jouent un rôle essentiel dans la société. Qui n’a jamais eu recours aux précieux conseils d’un pharmacien, ne serait-ce que pour guérir une toux persistante ou traiter une réaction allergique? Depuis 15 ans, le pharmacien propriétaire Martin Guilbert éclaire les clients des pharmacies Brunet du boulevard Lebourgneuf et de la 3e Avenue. Il a accepté de nous parler de son métier, dont il est visiblement passionné.

SP_Martin_Guilbert

Quand avez-vous su que vous vouliez devenir pharmacien?

Dans le cadre de mon premier baccalauréat en biologie médicale à l’Université du Québec à Trois-Rivières, j’ai eu des cours de pharmacologie et j’ai vite eu la piqûre. J’ai ensuite fait une maîtrise en médecine expérimentale à l’Université Laval avant de poursuivre mes études à la Faculté de pharmacie.

Qu’aimez-vous le plus de votre métier?

C’est un métier en perpétuel changement, qui demande de rester intellectuellement actif. On côtoie les gens dans différentes sphères de leur vie, ce qui permet un contact humain que je ne retrouvais pas en biologie médicale. La pharmacologie permet de combiner les approches scientifique et humaine.

Comment accueillez-vous le fait que vous puissiez maintenant renouveler et prescrire certains médicaments?

La loi 41, en vigueur depuis juin 2015, nous autorise à exercer sept nouveaux actes qui permettent de reconnaître à leur juste valeur les compétences acquises durant nos études. C’est une bonne nouvelle pour notre profession et pour la population. Ça permet entre autres de désengorger les urgences et de faciliter l’accès à certains médicaments. Les pharmaciens revendiquaient ce droit depuis longtemps. Maintenant, il reste à améliorer le côté administratif. Les gens ont des attentes, mais on ne peut pas tout faire. On est encore en période d’ajustement. C’est un défi organisationnel et financier intéressant, mais je pense qu’au final, tout le monde va ressortir gagnant de ce repositionnement.

Quels aspects de votre travail trouvez-vous plus difficiles?

Comme plusieurs autres pharmaciens, le volet administratif me plait moins. En tant que pharmacien propriétaire, j’ai des obligations de gestion qui s’ajoutent à ma liste de tâches cliniques. Pour le pharmacien propriétaire, la dualité entre commerçant et professionnel de la santé représente un beau défi à relever.

Tissez-vous des liens avec les gens qui viennent vous voir régulièrement?

Oui, on voit la majorité de nos clients chaque mois, alors ça nous permet de connaître leur histoire, leurs joies, leurs difficultés. On voit de petites filles venir chercher des antibiotiques pour les otites avec leurs parents, puis des contraceptifs oraux à l’adolescence. On les voit grandir. On voit aussi des adultes en bonne santé qui font un infarctus ou qui viennent chercher des médicaments pour traiter un cancer. Des gens arrivent parfois en détresse à la pharmacie. Il faut savoir bien communiquer pour les rassurer.

Avez-vous noté une augmentation de la consommation de médicaments au cours des dernières années?

La population est vieillissante, alors on remarque une croissance de 5 à 10 % de la consommation de médicaments. Les thérapies sont aussi plus complexes que quand j’ai commencé à travailler, il y a plusieurs nouveaux médicaments. La profession change, et les médicaments changent aussi. Nous devons rester alertes, polyvalents et informés.

SIMON_LE_ZEBRE-9960
Martin Guilbert et sa famille

Votre fils Simon est atteint du syndrome de Sotos. Pensez-vous que vos connaissances médicales vous ont aidé à accepter sa maladie?

Mes connaissances m’ont aidé à trouver les ressources dont j’avais besoin. Elles m’ont aussi permis de mieux comprendre le langage scientifique relié à la maladie. Aujourd’hui, j’ai encore plus d’empathie envers les familles qui viennent me voir et qui sont aux prises avec l’errance diagnostique, qui ne savent pas exactement ce dont leur enfant est atteint. Je peux les orienter vers le Regroupement québécois des maladies orphelines et les accompagner dans le processus. Mais quand on est touché personnellement, il faut se détacher de notre métier et accepter de se faire aider. Il ne faut pas travailler seul simplement parce qu’on est pharmacien.

– Joannie Langlois

Inscrivez-vous à l’infolettre

© 2017 - Mon Quartier. Tous droits réservés.

Une réalisation de ICONEM