L’anxiété de performance

Certains appellent l’anxiété de performance le syndrome de la médaille d’or. Dans tous les cas, elle crée des ravages chez les adultes évoluant dans un monde de travail compétitif et chez les étudiants aux prises avec de l’angoisse, de l’insomnie et des dépressions majeures.

Ce phénomène est étroitement lié à la société qui valorise la réussite à tout prix. Les réseaux sociaux illustrent cette quête par les images de voyages, l’annonce d’une promotion ou la mention d’un diplôme obtenu par un enfant vêtu comme un prince.

La peur, mon amie

La peur caractérise l’anxiété de performance. Avant un examen ou une présentation, les craintes commencent à assaillir ceux qui en souffrent. « La peur, c’est juste une histoire qu’on se raconte dans sa tête », observe Jean-François Ménard, auteur et coach d’athlètes olympiques. En plus, 85 % de nos peurs ne se matérialisent jamais.

« On se pose la question : ai-je besoin d’avoir si peur que ça? », ajoute-t-il.
En milieu de travail, certains se comparent aux autres et ressentent un sentiment perpétuel d’incompétence. La mutation technologique accentue le stress lié à l’augmentation des tâches. Le contexte demeure le même : en faire plus, mais en moins de temps.

Résultat? Des travailleurs ont une boule dans l’estomac. D’autres ont des plaques sur le cuir chevelu parce qu’ils se grattent au sang. Les adolescents stressés subissent une poussée d’acné.

Fini le négatif

Nous connaissons tous des gens de ce type. Ils ont tendance à être perfectionnistes et ont des exigences élevées envers eux-mêmes. Quoi qu’ils fassent, jamais ils n’éprouvent un sentiment de satisfaction. Ils répètent des phrases négatives telles que « Je ne suis pas bon », « Je vais échouer » ou, pire, « On va me renvoyer ».

Ces pensées finissent par paralyser la personne. Les répercussions sont majeures. À l’approche d’une évaluation au cégep ou à l’université, certains étudiants abandonneront même leur programme d’études. D’autres commenceront l’usage abusif de boissons énergisantes, de médicaments ou de drogues.

Ce phénomène s’explique aussi par un piètre sentiment d’efficacité personnelle, qui mènera souvent à abandonner devant les difficultés ou à remettre à plus tard une tâche à effectuer.

Estime de soi

La meilleure façon de contrer l’anxiété de performance est de développer son estime de soi. On y parvient en se félicitant de ses succès. « Les
Québécois ont tendance à se critiquer au lieu de se donner du crédit », observe le coach d’athlètes olympiques et auteur Jean-François Ménard.
À la maison, on commence par soutenir son enfant. On encourage ses efforts en l’incitant à persévérer. On garde une chose en tête : sa valeur réside dans ce qu’il est, c’est-à-dire un être avec de belles qualités.

On retient aussi une chose : pour contrer l’anxiété de performance, il faut tout simplement croire en ses capacités. Pour les tâches en apparence insurmontables, on demande de l’aide à un professeur, à un collègue ou à un autre élève.

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin », dit le célèbre dicton africain.

Les symptômes de l’anxiété

Chez les adultes et les enfants, l’anxiété se traduit souvent par des maux de ventre, des migraines, de la moiteur aux mains, des tremblements, de la transpiration et l’impression d’avoir une boule dans la gorge. Si l’anxiété persiste, la personne a tendance à devenir apathique et triste. Elle adopte des comportements nerveux comme se ronger les ongles, jouer avec ses
cheveux, se gratter ou soupirer régulièrement. L’anxiété peut même se traduire par de la démotivation, des troubles de sommeil et de la difficulté à relaxer.

À retenir

On affronte les situations de stress ou d’anxiété en faisant face à son problème, on apprend graduellement à le surmonter. La peur diminue par le fait même et un sentiment de confiance en soi s’accroît. On dédramatise en se demandant entre autres : « Quel est le pire qui puisse m’arriver? » On s’encourage en pensant à ses succès ou en les relatant. Puis, on va de l’avant en gardant en tête des pensées positives comme : « Je suis autonome, créatif et persévérant dans tout ce que je fais. »

5 trucs à mettre en pratique

  1. Respirer
    Anxieux et nerveux, on respire
    profondément pendant 30 à 40 secondes en prenant une bonne inspiration, en gonflant son ventre puis en expirant en comptant jusqu’à trois. Idéalement, on pratique cette respiration de 4 à 6 fois par jour.
  2. Se préparer
    La meilleure façon de diminuer son anxiété face à un examen, une compétition ou une présentation, c’est de bien se préparer. En maîtrisant sa matière ou son sport, on gagne de la confiance en soi.
  3. Se fixer des objectifs
    La motivation passe par l’atteinte d’objectifs réalistes. En réussissant
    à accomplir ses tâches, on accroît son sentiment de satisfaction et
    son efficacité chaque jour.
  4. Gérer son temps
    On évite de surcharger ses horaires. On met en place des stratégies
    gagnantes, notamment celle de commencer sa journée par la tâche la plus rebutante. On s’alloue plus de temps que nécessaire pour
    accomplir son travail.
  5. Faire une pause
    Les athlètes comprennent que la performance passe obligatoirement par une pause bénéfique. En prenant une pause, on récupère. C’est vital dans toutes les situations. On bouge et on va dehors tous les jours, si possible.

En savoir plus :
L’olympien au bureau
de Jean-François Ménard, publié aux Éditions de l’Homme

Par Annie Bourque

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