De la tradition agricole à la vie urbaine

Effervescent, résolument tourné vers l’avenir, le quartier Lebourgneuf bat au rythme de la vie urbaine. Pourtant, il porte en lui les traces d’une histoire riche qui se raconte à travers ses toponymes, le nom de ses artères principales et de ses bâtiments patrimoniaux. Retour en arrière.

Première colonie à l’intérieur des terres

Année 1665. Jean Talon, alors intendant de la Nouvelle-France, reçoit l’ordre de Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV, d’assurer le peuplement de la colonie. L’objectif de Colbert : que celle-ci se développe et devienne autonome à l’égard de la mère patrie. Dès lors, la vague d’immigration déjà amorcée vers la Nouvelle-France s’intensifie. Mais si les tout premiers immigrants s’installaient non loin d’un cours d’eau, les nouveaux, eux, sont fortement incités à s’établir à l’intérieur des terres, et ce, pour la première fois depuis les débuts de la colonie. Lebourgneuf a donc vu le jour grâce à cette tentative de colonisation.

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Louis XIV, roi de France de 1643 à 1715.

Pendant le 17e siècle, plusieurs petits villages se créent et regroupent quelques centaines d’habitants, agriculteurs pour la plupart. À l’approche du 18e siècle, les possibilités de culture étant devenues limitées, les nouveaux arrivants s’installent progressivement vers l’ouest, jusqu’à La Jeune-Lorette, bordée par une mission huronne. À l’époque, le territoire de Lebourgneuf est divisé en deux seigneuries, situées de part et d’autre de l’actuel boulevard Pierre-Bertrand. À l’ouest, la seigneurie de Saint-Ignace, appartenant à Robert Giffard, qui la cède après quelques mois à l’Hôtel-Dieu. À l’est, la seigneurie Saint-Joseph, concédée à Louis Hébert en 1680 par Jean-Baptiste Couillard, sieur de L’Espinay. En 1668, la moitié de ce territoire est vendu à Jean Talon, qui constitue une toute nouvelle seigneurie : la seigneurie des Islets, qui deviendra le comté d’Orsainville en 1675.

Au début du 18e siècle, les terres sont pratiquement toutes concédées. Évidemment, pour permettre aux habitants de circuler entre les endroits stratégiques de leur territoire, il faut défricher les terres et construire des routes. La route Saint-Bernard, qui correspond à l’actuel tracé de l’avenue Chauveau et de la côte des Érables, voit le jour en même temps qu’un autre chemin, aménagé dans les méandres de la rivière Berger, qui deviendra, bien des années plus tard, l’actuel boulevard Pierre-Bertrand.

Un lieu de villégiature pour les mieux nantis

Après la prise de Québec par les Anglais, et jusqu’au 19e siècle, Lebourgneuf devient, au fil des ans, un lieu de villégiature fort prisé des grandes familles, particulièrement durant la période estivale. Dès l’arrivée des beaux jours, les paysans et leur famille s’entassent alors dans leur cuisine d’été, une petite annexe à la maison, ou dans les bâtiments secondaires, et cèdent la place aux citadins. Le phénomène est si répandu qu’on élit même un maire qui assume ses fonctions uniquement pendant l’été.

Au cours des décennies qui suivent, soit jusqu’en 1893, un groupe de commerçants s’associent et entreprennent de faire construire un chemin de fer entre Québec et Chicoutimi. Ce faisant, ils ouvrent non seulement la voie à un transport plus efficace des marchandises, mais également à plusieurs citadins, qui y voient un moyen de transport suffisamment efficace et rapide pour les inciter à abandonner Québec et à s’établir dans Lebourgneuf. L’impulsion est donnée, le secteur continue à se développer et à se peupler.

La colonie devenue municipalité

En 1952, Lebourgneuf obtient le titre de municipalité, sous le toponyme de « Charlesbourg-Ouest ». Tout est alors à faire : établissement de règlements municipaux, construction d’infrastructures, mise en place de services à la population. Au gré de l’évolution économique du secteur, la municipalité se façonne. Parallèlement, les quartiers de Québec vieillissent et sont de moins en moins attrayants, si bien que les citadins délaissent la capitale pour s’établir plus loin. Avec ses terrains abordables et sa proximité avec la ville, Charlesbourg-Ouest attire la population.

Vers le milieu des années 1970, Lebourgneuf s’annexe à Québec, au même titre que d’autres municipalités de banlieue. Les dirigeants de la ville voient dans le secteur un potentiel de développement et souhaitent encourager l’émergence d’une nouvelle communauté, au pied du vieux quartier, sur le territoire occupé par le quartier Lebourgneuf actuel.

Saviez-vous que?

Les origines du nom

« Lebourgneuf » vient de l’association « lebourg », les deux dernières syllabes de « Charlesbourg », et « neuf », de « Neufchâtel », les deux secteurs clés qui ont vu naître l’actuel quartier.

Lebourgneuf a aussi vu grandir des générations de familles qui ont gardé leurs racines dans le secteur pendant des décennies. C’est le cas des Lefebvre, des Bédard, des Pépin, des Trudel, des Parent et des Jobin, notamment.

Des traces du passé dans le paysage architectural

Sur la côte des Érables et la rue De Grandmaison, une quinzaine de maisons et une vingtaine de bâtiments secondaires témoignent des modes de vie de nos ancêtres dans le secteur. La plupart datent de la fin du 18e siècle et de la première moitié du 19e.

– Christine Paré

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