Comment survivre à la solitude?

Cadeau ou mal du siècle? La solitude touche 1,2 million de personnes au Québec, selon le dernier recensement de 2016 de Statistiques Canada. Pourquoi certains apprécient ces précieux moments, alors que d’autres détestent une telle situation? Au fond, tout est peut-être une question d’attitude. Coup d’œil.

Le confinement découlant de la crise du coronavirus a bouleversé les habitudes de milliers de gens et provoqué différentes réactions chez les couples, familles et célibataires.

La psychologue Brigitte Hénault constate une hausse des séparations depuis le printemps. Avant la pandémie, observe-t-elle, plusieurs couples survivaient parce qu’ils vivaient à peine deux à trois heures ensemble par semaine. Ils étaient aspirés dans un véritable tourbillon en raison du travail à l’extérieur, de la panoplie de cours pour les enfants et de leurs propres activités.  

« Pris à vivre ensemble 24 h sur 24 la séparation est devenue inévitable pour plusieurs », raconte Mme Hénault. D’autres couples, toutefois, se sont rapprochés de façon extraordinaire et ce, grâce au temps de qualité qu’ils ont passé durant la crise. Ils ont réalisé qu’un amour sincère et profond les unissait toujours.

Seul ou isolé?
Certains célibataires, privés de sorties au cinéma ou dans les bars ont ressenti le sentiment d’un profond isolement. Quelle est la différence entre solitude et isolement?

Le petit Larousse définit la solitude comme un état de quelqu’un qui est seul momentanément. Certains choisissent d’être seuls et d’autres en font une habitude. En revanche, l’isolement créé une souffrance chez une personne qui vit cruellement l’absence de relations durables au sein de son réseau familial, professionnel ou amical.

« Dans la croyance populaire, la solitude est quasiment perçue comme un drame, ajoute la psychologue. Pourtant, il s’agit parfois du seul espace pour se retrouver. Cela devrait être un cadeau du ciel. »

Martine Adam, étudiante en relation d’aide abonde dans le même sens. « La solitude, dit-elle, c’est un moment que tu choisis pour faire le vide et te recentrer. C’est quelque chose dont tu as besoin pour te nourrir, faire le plein et te reconnecter pour savoir ce que tu veux. »

En réorientation de carrière, cet été, après avoir perdu son emploi, Aline, 53 ans, a tenu un 5 à 7 avec elle-même. À la veille de son anniversaire, assise dans sa cour, calepin de notes sur ses genoux, elle a dressé un bilan de ses forces, qualités et goûts. Un moment régénérateur, confie-t-elle, qui rime aussi avec harmonie.

Action
Face à une séparation, un déménagement ou un deuil, certains se plaignent de l’absence de contacts humains. « Il ne faut pas rester seul à ruminer. On sort prendre un café et on parle à quelqu’un, sinon on appelle son frère ou sa mère », recommande Martine Adam.

« Être seul, croit-elle, c’est une illusion. On n’est jamais seul, car on est connecté à l’univers et à tout ce qui nous entoure. »

La solitude prend une tournure négative quand elle est synonyme de fuite. « On s’isole peut-être pour fuir des gens ou une situation. Cela devient un mécanisme de défense vis-à-vis une douleur que l’on ressent. Ce n’est pas très constructif », déplore-t-elle.

De son côté, la psychologue Brigitte Hénault va plus loin en disant que plusieurs passent des journées entières en compagnie de gens et ils ont l’impression d’être seuls. « Cela vient de la croyance que l’autre est supposé me remplir et c’est souvent le reflet de son propre vide intérieur. »

Si vous ressentez le besoin de socialiser, l’important, c’est de passer à l’action. Si on hésite encore à sortir de chez soi par crainte d’attraper le coronavirus, il existe une panoplie de cours sur les réseaux sociaux dont le yoga, l’écriture d’un roman, ou l’apprentissage de langues. À vous de jouer!

5 trucs pour apprivoiser la solitude

  1. Prendre le temps de découvrir ses passions
    On se pose les questions : « Qu’est-ce qui m’allume aujourd’hui? » et « De quoi ai-je envie ? » On en profite pour expérimenter quelque chose qu’on rêve de faire depuis longtemps comme grimper le Mont-Sainte-Anne à pied par une belle journée d’automne.
  2. Se joindre à un groupe
    Si le yoga, la peinture, la lecture ou la marche font partie de nos passions, pourquoi ne pas se joindre à un groupe ? C’est une agréable façon de rencontrer de nouvelles personnes et de tisser de précieux liens. On continue de se protéger en portant le masque et en respectant la distanciation obligatoire.
  3. Fini l’adrénaline
    Plusieurs ont tendance à alourdir leur horaire par une multitude d’obligations. « L’adrénaline leur donne l’impression de vivre », confie la psychologue Brigitte Hénault. Avant tout, on commence à apprendre à ralentir, à prendre le temps de s’asseoir en ne faisant absolument rien. Juste être en paix avec soi-même.
  4. On stimule son esprit créatif
    Durant ces moments en solitaire, on exploite sa fibre créatrice en s’adonnant au dessin, à la peinture, à l’écriture, voire à la poterie.
  5. On s’engage dans une cause
    Au lieu de s’apitoyer sur son sort, on s’engage dans une cause qui nous tient à cœur. Après le décès de son époux, Raymonde, une enseignante à la retraite, est devenue bénévole pour un centre de
    prévention du suicide. Cela a donné un sens à sa vie.

En chiffres
– 1/3 des ménages au Québec est constitué de personnes seules.
– 1 personne sur 12 n’a aucune relation d’amitié.
40% des étudiants qui fréquentent l’Université éprouvent un sentiment de solitude.

Par Annie Bourque

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