Après un deuil – Renaître à la vie

La vie n’est jamais un long fleuve tranquille. Parfois, des épreuves surviennent, comme la perte d’un emploi, le décès d’un être cher, une rupture amoureuse ou l’impossibilité d’être admis dans un programme universitaire. Soudainement s’éteint le rêve d’une vie à deux ou un projet de carrière. Comment renaître à la vie à l’instar de ces jolies fleurs qui s’extirpent du sol, un beau matin de printemps?

Les trois personnes interrogées pour ce reportage, soit une psychologue, une spécialiste du deuil et une coach en transition de carrière, prônent l’importance d’interrompre notre rythme de vie effréné. « Il faut prendre le temps de vivre notre peine et ne pas la mettre en dessous du tapis », illustre la psychologue Marie-Ange Khandjian. Difficile de prendre une pause alors qu’en général, les employés à temps plein ont droit à seulement trois jours de congé lors du décès d’un parent. Plusieurs éviteront de plonger dans leur peine. « Si on enterre les émotions, ce sera comme un volcan : cela risquera d’exploser », estime Louise Poisson, coach en transition de carrière.

Identification des émotions

Durant la journée, le matin ou le soir, on s’accorde un répit pour penser à soi. « On prend 5 ou 10 minutes pour penser à la perte. On se pose la question : quelles émotions je vis en ce moment? », explique-t-elle.

Ce processus se veut exploratoire. On met un mot à ce que l’on ressent : sentiment d’abandon, colère, trahison, anxiété, vengeance. « On se donne le droit de crier, de pleurer et même de dire : la vie est injuste. »

Comme parents, on peut faire l’exercice avec son enfant qui vit un deuil, par exemple le déménagement d’un ami. On prend le temps de lui demander : « Comment te sens-tu aujourd’hui? »

Se donner du temps et être accompagné

Dans son bureau, Mme Khandjian voit parfois un conjoint effondré par le décès subit de sa partenaire. Certains se sentent tellement tristes et démolis qu’ils veulent mourir à leur tour. Elle leur dit : « Qu’est-ce que votre conjoint souhaiterait pour vous? » Spontanément, la réponse jaillit. L’autre voudrait qu’on réalise un rêve, qu’on fasse un voyage, qu’on soit heureux, tout simplement. « Le processus du deuil prend du temps. Il n’y a pas de baguette magique. Cela peut prendre plus d’un an », estime Mme Khandjian.

L’important, c’est d’aller chercher de l’aide ou du soutien auprès d’un groupe d’endeuillés, par exemple. « Il faut éviter de rester plonger dans le désespoir ou avec ce sentiment de vide. On ne doit pas rester seul dans ces moments difficiles », ajoute Louise Poisson.

La première étape d’un deuil est de franchir cette obscurité pour enfin voir la lumière.

Se reconnecter à soi

Lynne Pion a vécu une succession de deuils : violence conjugale, séparations, déménagements, etc. Elle a écrit le livre Est-ce que tout le monde meurt?

L’épreuve du deuil, dit-elle, permet de se reconnecter à soi. « On se pose des questions : quelles sont les passions que j’ai mises de côté? Qu’est-ce qui me ferait le plus grand bien? »

Trop souvent, les gens dans la cinquantaine ou la soixantaine ont accumulé les deuils. « Plusieurs diront : je me suis complètement oublié. »

Chaque deuil est vécu différemment. L’important, c’est d’oser découvrir de nouveaux intérêts, comme l’a fait l’auteure de ces lignes, qui a vécu une difficile rupture amoureuse à la fin de la vingtaine. Elle a repris goût à la vie en suivant des cours d’équitation et en partant en voyage en Italie. Pour sa part, un de ses amis a décidé de suivre des cours de pilotage pour surmonter sa peine d’amour.

« Oui, un deuil est triste et pénible. D’un autre côté, il donne un sens à notre vie et nous devenons la personne que nous voulons être », conclut Lynne Pion.

5 façons de surmonter un deuil

On se donne le droit de profiter des moments agréables de la vie, comme :

  • Marcher dans la nature;
  • S’occuper d’une plante oud’un animal, ce qui permet de rester en contact avec la vie;
  • Exprimer ses émotions dans un journal intime;
  • Relaxer dans un bain chaud;
  • Se faire masser;
  • Aller au cinéma ou pratiquer son sport préféré.

 

Texte Annie Bourque

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