Végétarien ou végétalien? Moins de viande dans nos assiettes

La tendance est manifeste : la consommation de viande est à la baisse et l’alimentation en légumes, à la hausse. Comment entreprendre un tel virage et s’y retrouver dans le dédale des régimes végétarien et végétalien?

Un sondage de l’Université Dalhousie, effectué en septembre, confirme cette propension : 50 % des Canadiens mangent moins de viande.

« J’ai l’impression qu’un Canadien sur 5 réduira sa consommation de viande d’ici les 10 prochains mois », mentionne le chercheur Sylvain Charlebois.

Outre le prix élevé du boeuf, plusieurs raisons incitent les consommateurs à opter pour un régime riche en légumes et légumineuses. « La principale source de gaz à effet de serre, c’est l’élevage d’animaux comme les vaches, les agneaux les chèvres », explique Stéphane Groleau, le fondateur du site veganquebec.net

Santé

À Montréal, la Clinique Renversante reçoit des gens qui veulent changer d’alimentation et participent, pour ce faire, à un programme intensif de 12 semaines. Finie la viande et place aux végétaux. Résultat? Cela a des répercussions positives sur le diabète, l’arthrite et l’hypertension.

Jeunes et boomers

Le professeur Sylvain Charlebois observe que les jeunes de moins de 38 ans, soucieux de l’environnement et de leur santé, choisissent un régime sans viande. « Les boomers, nés entre 1946 et 1966, privilégient le flexitarisme, soit une diète  végétarienne à temps partiel. »

Les gens de cette génération veulent faire leur part pour l’environnement et, du même coup, se sentent mieux dans leur peau.

Différence

Comment peut-on diminuer sa consommation de viande et opter pour un régime végétarien ou végétalien? La nutritionniste Linda Montpetit, qui a coécrit le livre Végétalien : 21 jours de menus, fait part de sa réponse.

« Souvent, il existe une confusion entre les mots ‘‘végétarien’’ et ‘‘végétalien’’, explique-t-elle. Voici la différence entre les deux. Le végétalisme, c’est une alimentation essentiellement à base de plantes. Il n’y a aucun produit d’origine animale. On ne consomme ni oeufs, ni produits laitiers, ni poissons parce qu’ils sont des dérivés des produits des animaux. » Quant à lui, le régime végétarien, d’ailleurs le plus connu, intéresse des adeptes qui ne mangent aucune chair provenant des animaux.

Premier pas

Mme Montpetit conseille aux gens d’augmenter d’abord la portion de légumes non transformés dans leur assiette. « On choisit des légumes entiers, frais ou congelés. On exclut les chips de légumes et le jus de légumes. »

Peu à peu, on commence à remplacer les protéines animales par des noix, des légumineuses, du tofu et du tempeh, une protéine végétale faite de fèves de soya, au goût de champignons et de noix.

La nutritionniste observe des changements notables chez ses patients. « Dès qu’on augmente la consommation de végétaux, on voit une amélioration de la santé intestinale (par exemple) et, surtout, les gens se sentent mieux. »

Végétalisme

Jusqu’à l’an dernier, Pierre-Hugo Cantin, 27 ans, un candidat d’Occupation Double, mangeait de la viande tous les jours. Ce sportif, originaire de Québec, a été influencé par son amie Jessie Nadeau qui a adopté l’alimentation végétalienne par étapes.

« Le végétalisme intégral ne comprend aucune viande ni poisson. C’est aussi une démarche plus large qui évite l’utilisation de produits comme le maquillage testé sur des animaux », explique Stéphane Groleau de Végane Québec.

C’est un mode de vie qui exclut les manteaux de fourrure et de cuir. « Les gens qui se rallient au végétalisme intégral à la base aiment les animaux et ne veulent pas les faire souffrir. »

Prise de conscience

À l’instar de Pierre-Hugo Cantin et de Jessie, beaucoup de jeunes ont été sensibilisés à l’importance de faire de bons choix. « On connaît maintenant l’incidence d’un burger de boeuf sur les changements climatiques. S’ils ont le choix, les  jeunes vont opter pour un burger de tofu », ajoute M. Groleau. Le professeur Charlebois abonde dans le même sens. « En août, le burger végétal d’A&W a été en rupture de stock tellement il a été populaire.»

Recettes

À 27 ans, après un an sans consommer de viande, Pierre-Hugo Cantin se sent mieux dans sa peau. Ses problèmes d’asthme ont diminué et il a complété son premier marathon.

Avec son amie Jessie Nadeau, il a conçu le livre de recettes Végane, mais pas plate! dans lequel on trouve la recette d’une tourtière de Lac-Saint-Jean… sans viande, confectionnée par la maman de Pierre-Hugo.

« J’ai découvert de nouvelles saveurs, couleurs, textures. Il y a 20 000 sortes de légumes et on n’en utilise que 28 variétés. » Son conseil pour entreprendre le premier pas vers l’alimentation végétalienne : soyez curieux!

 

Mise en garde

Les gens interrogés ont tous exprimé la même mise en garde. Vaut-il mieux privilégier le produit avec mention « végétalien » ou « végane »? « Il faut se méfier des produits transformés sur le marché. Des chips végétaliens, ce n’est pas nécessairement bon pour la santé », conclut la nutritionniste Linda Montpetit.

 

 

 

 

 

 

 

● 40 % des Canadiens mangent de la viande de 1 à 2 fois par semaine.
● 68 % des végétaliens ont moins de 38 ans.
● 10 % des Canadiens sont flexitariens (des végétariens qui consomment occasionnellement de la viande et du poisson).
●Plus de 6,4 millions de Canadiens restreignent leur consommation de viande.
Source : Sondage de l’Université Dalhousie effectué en septembre 2018

 

Texte Annie Bourque

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