Métier : opérateur de grue

Depuis quelques années, les grues font partie du paysage de Lebourgneuf. Après l’hôtel Marriott, c’est au tour du chantier du futur Complexe Vision d’accueillir la machinerie lourde. Plus de 80 travailleurs s’affairent présentement à ériger cet immeuble de cinq étages, qui comprendra notamment une clinique médicale. Du haut de sa grue de 200 pieds, Yanick Vermette se charge de déplacer la machinerie et l’équipement nécessaires aux opérations. Un métier qui comporte sa part de danger, mais dont plusieurs hommes ont déjà rêvé! 

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Quelle est la formation nécessaire pour devenir opérateur de grue?

Il faut suivre la formation en conduite de grues de l’Atelier-école Les Cèdres. Ensuite, pour les 4 000 premières heures de travail, on utilise des grues de 25 tonnes maximum.

Rêvez-vous de devenir opérateur de grue depuis que vous êtes petit?

J’ai suivi les traces de mon père, qui travaille encore comme opérateur de grue à 72 ans. J’ai conduit des camions pendant 16 ans, avant d’avoir le mental assez solide pour devenir opérateur de grue, il y a six ans. Je travaille aujourd’hui pour Coffrage LD, qui m’envoie sur différents chantiers.

Sur quels projets avez-vous travaillé?

Le Super PEPS de l’Université Laval, le Musée national des beaux-arts du Québec, la résidence Le Gibraltar et plusieurs tours à condos, entre autres.

Est-ce que le chantier du Complexe Vision a quelque chose de particulier?

Il y a deux grues, alors je dois toujours être en contact avec l’autre opérateur pour éviter que nos câbles s’accrochent. Celui qui transporte le béton a toujours la priorité. On se parle en circuit fermé, afin d’éviter les interférences.

À quoi ressemble votre horaire de travail?

Ça dépend du contrat et du temps qui nous est alloué. J’ai déjà travaillé 65 heures par semaine. Ici, je travaille du lundi au vendredi de 6 h 30 à 14 h 45. On finit parfois plus tard, par exemple quand il faut couler du béton. J’ai du travail été comme hiver.

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Trouvez-vous difficile de passer vos journées seul dans votre cabine?

Non, j’adore ça! J’aime les gens, mais pour travailler, je préfère être seul. Je suis quand même toujours en interaction avec mes deux signaleurs, qui me guident constamment par radio. Mais je ne descends pas de ma cabine de la journée.

Est-ce que le vent influence votre travail?

C’est notre ennemi! Le vent nous enlève beaucoup de stabilité. Des rafales à 50 km/h et plus compliquent notre travail. Le vent est imprévisible et invisible, alors les journées venteuses sont doublement exigeantes pour nous.

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Considérez-vous votre métier dangereux?

Oui, on ne peut pas faire n’importe quoi. Il faut être bien formé et expérimenté pour éviter des erreurs qui pourraient être fatales, pour nous et pour les autres sur le chantier. Il m’est arrivé une fois de perdre des morceaux de fer en chemin. Heureusement, personne n’a été blessé. Pour ce qui est de l’échelle, nous ne sommes pas attachés, mais il y a des paliers tous les 17 pieds pour nous arrêter en cas de chute. Les monteurs de grue font aussi un travail très dangereux. Ce sont eux qui assemblent la grue, qui arrive sur le chantier dans 13 remorques, en sections de 45 pieds. Un monteur d’Edmonton est décédé, écrasé par une section de la grue. Il a fait une erreur qui lui a coûté la vie. On ne peut pas se permettre d’être négligeant ou d’avoir la tête ailleurs une journée.

Qu’est-ce que ça prend pour être un bon opérateur de grue?

Ça prend de la patience, de la minutie, de la concentration et une bonne vision. Étonnamment, je connais quelqu’un qui fait ce métier depuis 40 ans et qui a le vertige, alors ne pas avoir peur des hauteurs n’est apparemment pas un pré-requis!

  • Le revenu annuel moyen d’un opérateur de grue est de 65 700 $.
  • 97,8 % des opérateurs de grue sont des hommes.

– Joannie Langlois

Photographies : Stéphanie de la Ronde

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