Le phénomène du TDAH démystifié

Depuis les 15 dernières années, quatre lettres retiennent l’attention des médias, des professeurs et des professionnels de la santé : TDAH. Le phénomène du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité est-il galvaudé par les uns et exagéré par les autres?

« Chose certaine, il y a une surmédiatisation du TDAH. Il y a 15 ans, ce sujet était tabou. C’est fou comment les mentalités ont changé », estime le neurologue Benoit Hammarrenger, auteur du livre 10 questions… sur le TDAH chez l’enfant et l’adolescent.

 

Lors de soupers entre amis, on entend souvent cette phrase : « Moi avec mon TDAH… » Même quand il n’est pas diagnostiqué, le TDAH vient à l’esprit quand on oublie ses clés, son portefeuille ou encore son manteau. Un doute peut ainsi commencer à s’installer. En réalité, nous sommes des êtres humains, adultes, ultra-performants au boulot, avec un haut niveau de responsabilités. Plusieurs doivent gérer une multitude de tâches, sans compter les devoirs, soupers et rendez-vous médicaux. Si, en plus, nous éprouvons des problèmes de sommeil, il se peut que nous oublierons certaines choses. « De nombreux adultes surchargent leurs capacités attentionnelles », ajoute le neuropsychologue.

Stress et dépression

Les adultes ont parfois tendance à confondre le stress et la dépression avec le TDAH. Si on vit une perte d’emploi ou le deuil d’un être cher, on manquera alors de concentration et on accumulera les erreurs au travail. Chez l’enfant Certains enfants aux prises avec ce trouble neurologique se différencient par leur distraction et le fait qu’ils sont souvent « dans la lune ». Les hyperactifs voient leur réussite scolaire compromise. « On constate un impact dans les relations avec les autres ou dans la famille. L’enfant est tellement agité que cela crée des tensions et des conflits » confie le Dr Hammarrenger.

Vivre avec le TDAH

Aujourd’hui, de 70 à 75 % des jeunes ayant un TDAH répondent bien à la médication proposée. Toutefois, des effets secondaires peuvent se faire sentir : augmentation de l’anxiété, perte d’appétit ou difficulté à dormir. Ils sont donc à surveiller. Récemment, une amie a constaté un changement de comportement drastique chez son enfant de 10 ans. D’habitude de bonne humeur, le petit est devenu indifférent et apathique. « Ce n’est pas normal, on ne veut pas qu’il perde cette étincelle de vie », ajoute le neurologue. Une visite chez le médecin permet de vérifier la médication.

Les bienfaits de l’exercice

Le Dr Hammarrenger recommande la pratique d’activités comme la marche, le jogging et la natation. « Des études montrent que l’exercice physique permet une oxygénation du cerveau, qui éveille les zones responsables de l’attention, et ce, pendant 20 à 30 minutes après l’exercice. » L’exercice, jumelé à une médication adéquate et à des nuits de sommeil réparatrices, contribuent à une réduction des symptômes. « Les enfants ont une meilleure estime d’eux-mêmes. Certains disent : je suis intelligent, car je suis capable de lire un livre au complet. »

Pour leur part, les adultes ont un sentiment d’accomplissement en effectuant à temps leurs nombreuses tâches.

La bonne nouvelle

« Les récentes études le prouvent : le TDAH ne dure pas toute la vie. À l’âge adulte, 50 % des enfants n’en sont plus atteints. C’est comme si le cerveau rattrapait son retard de développement et atteignait sa pleine maturation », conclut le spécialiste.

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3 QUESTIONS SUR LE TDAH

1. Qui peut poser le diagnostic?
Les conseillers d’orientation, les infirmières ou le personnel de l’école peuvent observer si un étudiant présente des symptômes du TDAH. Le diagnostic est toutefois posé par un médecin, un psychologue ou un neuropsychologue. Ces derniers proposent des tests de mémoire, d’attention et d’intelligence, un exercice qui requiert de 3 à 6 heures de consultation et qui, au privé, coûte 1000 $ et plus.

2. Quel est le mytheprincipal entourant le TDAH?
Le TDAH est une invention des compagnies pharmaceutiques qui veulent vendre plus de médicaments.

3. Les cas de TDAH sont-ils plus nombreux au Québec qu’ailleurs dans le monde?
Ici, au Québec, et dans le monde, de 5 à 7 % des enfants et environ 4 % des adultes ont un trouble du déficit de l’attention ou d’hyperactivité. Cela représente aux alentours de 700 000 Québécois.

 

10 questions sur… le TDAH chez l’enfant et l’adolescent. Par le Dr Benoît Hammarrenger, neuropsychologue et directeur de la CERC.

 

Pour obtenir plus
d’informations :
attentiondeficit-info.com

 

Texte Annie Bourque

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