Le Cosmos sur toutes les langues depuis 25 ans

Le Cosmos fête ses 25 ans, tout le monde le sait. Ce restaurant baroque est sur toutes les langues depuis l’ouverture de sa première succursale le 19 septembre 1994. Né d’une passion, du génie d’un designer qui tentait des expériences visuelles et d’un besoin collectif un peu connu après coup, le Cosmos a transcendé les règles pour devenir la référence des adeptes de bouffe et de liquides capiteux. Au déjeuner comme au dîner, au souper comme au désinvolte 5 à 7, les clients se succèdent en chouclaques, en cravate, en toute simplicité dans ce lieu typique qui n’exige plus de présentation.

Un trio plein d’appétit

Louis McNeill avait dans la vingtaine lorsqu’il a décidé de fonder le Cosmos. Il travaillait dans la restauration depuis l’âge de 14 ans, passant du Québec, à la France et même à la Corse. Malgré son jeune âge, le métier lui seyait si bien que les clients lui demandaient régulièrement s’il était propriétaire des restaurants où il s’évertuait à donner un service exemplaire. L’idée de le devenir lui trottait dans la tête et n’en ressortait plus. Il savait qu’il voulait faire carrière dans ce domaine qui le motivait à s’accomplir, non plus comme serveur ou à un autre titre, mais comme propriétaire. Il a refusé d’aller à Lausanne étudier pour ce faire sur la recommandation de son père, également entrepreneur. « C’était bien trop conventionnel pour moi! », avoue-t-il. Il a donc opté pour l’ITHQ, un tentacule de l’Université du Québec qui offrait des cours en hôtellerie, mais déjà après un an, il avait l’impression de tourner en rond et n’envisageait avec empressement que d’ouvrir son propre restaurant.

Un concert visuel

Mais d’où viennent le nom et le concept de ce restaurant unique? « Daniel avait fait des croquis, des pièces en fer forgé tout tortillé qui ressemblaient à des étoiles. Je les avais entreposés dans le garage chez ma mère qui les a découverts et m’a dit que j’allais me planter tellement c’était laid, dit Louis en riant. Ça m’a quand même beaucoup inspiré. C’est d’ailleurs ces morceaux de métal à l’allure galactique qui m’ont aidé à trouver le nom du restaurant. » Le design, d’entrée de jeu, était le noyau de l’affaire. Des oeuvres en papier mâché étaient intégrées au décor, un plancher faisait figure de lune, des mains sortaient du mur, une murale représentait saturne, des statues tenaient des planètes. Dès lors, le Cosmos avait organisé un concert visuel de textures, de couleurs et de formes pour le moins insolite.

Le menu évolutif

Si le design a été l’ingrédient crucial de la réussite de l’établissement, il n’en demeure pas moins qu’à l’époque, il n’existait en somme que des tavernes pour hommes, des cafés et des restaurants « nappés ». L’entredeux ou le tout-en-un ne faisait pas vraiment encore partie du paysage de la restauration à Québec, et les propriétaires ont misé sur une formule inédite qui a tôt fait d’allécher les convives. « C’est aussi ce qui a fait notre succès. Les gens venaient prendre une bière, mais voyaient les plats passer puis finissaient par en commander un », explique Louis. Les dîners ont eu la cote assez rapidement, puisque les travailleurs des alentours avaient trouvé un restaurant plus convivial que ceux traditionnels, bon et rapide, en même temps qu’ils y avaient trouvé une clientèle féminine agréable à regarder.

Les déjeuners, pour leur part, fonctionnaient moins bien. Les copropriétaires ont donc cherché une idée encore inexploitée et tout au moins ingénieuse, qu’ils ont bien sûr trouvée. Ils ont engagé des musiciens du Conservatoire pour égayer les matinées et offrir une expérience nouvelle, un instant de fraîcheur et de plaisir irrésistible. De bouche à oreille, les fins de semaine des Québécois n’étaient plus tout à fait les mêmes. Ces derniers pouvaient étirer les heures et les cafés au lait dans une atmosphère un brin aphrodisiaque et particulièrement sympathique. Les mets au menu ont été, au fil du temps, triés sur le volet. Grâce à des essais et erreurs testés par les clients eux-mêmes, les meilleurs plats ont été conservés. « Les petites patates du déjeuner viennent du souvenir que j’ai d’avoir travaillé dans le bois et d’en avoir mangé là-bas. C’était des patates avec du bacon et des échalotes », se rappelle Louis. La recette est toujours à l’honneur et fait encore autant de friands heureux.

La duplication d’une recette éprouvée

Les débuts du Cosmos n’ont pas été de tout repos. Il a fallu y consacrer des efforts et un temps inestimable, mais le jeu en valait la chandelle. « Moi, je faisais l’hôtesse, je tournais les pizzas, j’étais plein de farine et je répondais ainsi aux clients. Jacques, lui, était tout le temps là », raconte Louis. Après deux ans à s’échiner de la sorte au travail, ils ont pu enfin sortir la tête de l’eau. La cinquième année venue, ils avaient payé l’ensemble de leurs dettes et prévoyaient ouvrir une nouvelle succursale de ce fameux Cosmos qui faisait sortir dans la gaieté les gens d’univers variés le matin, le midi et le soir.

Le deuxième Cosmos à voir le jour a été celui de Sainte-Foy. La notoriété du premier le précédait certes, mais le fait que l’offre en restauration du coin n’était pas aussi faste qu’aujourd’hui lui avait également donné un sérieux coup de pouce. À ce jour, c’est la succursale qui accueille le plus grand nombre de clients annuellement. Celles de Lévis et de Lebourgneuf ont suivi, situées dans des arrondissements plus visités que jamais. Le Cosmos de Lebourgneuf a été le mieux construit en matière de configuration de l’espace. Sa salle à manger familiale, aussi bien garnie en fioritures et en extravagance que les autres, et son côté bar où les 5 à 7 ont du panache sont devenus des endroits magiques où casser la croûte et échanger dans la bonne humeur.

La formule des Cosmos était celle qu’attendait en réalité les gens de Québec. La musique qui y joue ou qui y est jouée est en symbiose avec l’aura à la fois festive et chaleureuse du lieu. Le menu est adopté par les gourmets que sont les clients et les dirigeants. Le décor éclectique leur rappelle que l’existence peut être colorée.

Des employés émérites

Les employés, pour leur part, sont le reflet de la vie qui s’y trame au détour de chaque bouchée. Ils sont d’ailleurs plus de 550! Considérés comme les piliers de l’entreprise, étant ceux qui ont permis l’éclosion et la continuité de restaurants à nul autre pareil. Voici quelques-uns des ingrédients secrets derrière le succès de la recette Cosmos :

Les bons coups

: : L’idée de faire un restaurant extrêmement fonctionnel
: : L’adoption du concept visuel un peu fou de Daniel
: : Le coup de pouce quasi involontaire de Louis Lessard de Blitz qui amenait ses employées aussi jolies les unes que les autres
: : Les patates bacon et échalotes
: : Le partage des pourboires avec la brigade en cuisine

Les « mauvais » coups

: : La pose de 21 couches de couleur rose panthère parce que Daniel ne la trouvait pas parfaite
: : La première carte d’invitation qui était ronde, qui devait être lue en la faisant pivoter et dont la lecture donnait mal à la tête
: : Les repas avec une liseuse de bonaventure
: : Les pizzas brûlées de Louis parce qu’il répondait au téléphone en les oubliant

COSMOS LEBOURGNEUF 5700, boulevard des Galeries #103, Québec, QC G2K 2H6 418 628-2013
COSMOS LAURIER 2813, boulevard Laurier Québec, QC G1V 2L9 418 652-2001
COSMOS LÉVIS 5700, rue J.-B.- Michaud, Lévis, QC G6V 0B1 418 830-8888
COSMOS CAFÉ 575 Grande allée E, Québec, QC G1R 2K4 418 640-0606
COSMOS TRAITEUR 1975, rue Frank-Carrel, Québec, QC G1N 2E6 418 653-1925
DISTRICT SAINT-JOSEPH 240, rue Saint-Joseph E, Québec, QC G1K 3a9 418 717-0240

lecosmos.com

-Julie Marie Dorval

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