Démystifier le rôle du député

Gérard Deltell est présent dans le paysage médiatique de la Vieille Capitale depuis une trentaine d’années déjà. D’abord comme journaliste pendant 20 ans, puis comme député provincial et fédéral à partir de 2008. C’est pour en savoir plus sur son rôle de député de la circonscription de Louis-Saint-Laurent que nous l’avons rencontré, dans un commerce de son comté, la boulangerie Première Moisson, le temps d’un café.

Politicien un jour, politicien toujours

Lorsqu’on lui demande ce qui l’a amené à faire le saut en politique, monsieur Deltell répond qu’il a toujours eu un intérêt pour la politique. « Enfant, je suivais la politique. » Avant qu’il n’apparaisse sur nos écrans de télévision en 1989, Gérard Deltell est déjà très engagé en politique : en 1981, à l’âge de 17 ans, il est membre d’un parti politique. Les deux années suivantes, il occupe, pour ce même parti, un emploi d’été à Ottawa.

Après de courts passages à Radio-Canada et à TVA, c’est à TQS qu’il se fait connaître par la population de la grande région de Québec. D’ailleurs, de 2002 à 2008, il couvre la politique provinciale en occupant le poste de courriériste parlementaire pour la station. En 2007, il est nommé président de la Tribune de la presse de l’Assemblée nationale.

À l’automne 2008, TQS annonce la fin des activités de sa salle de nouvelles à la station de Québec. C’est à ce moment que monsieur Deltell annonce qu’il « saute de l’autre côté de la patinoire » et qu’il sera candidat pour l’Action démocratique du Québec (ADQ), dans Chauveau, une circonscription qu’il connaît sur le bout de ses doigts pour y avoir vécu toute sa vie. À la suite des élections générales du 8 décembre 2008, il retourne à l’Assemblée nationale, mais cette fois comme député. L’année suivante, il devient chef de son parti. Il assume ce rôle jusqu’à la fusion de l’ADQ avec la Coalition Avenir Québec (CAQ) en 2012.

En 2015, il laisse son siège à l’Assemblée nationale pour se présenter dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent, sous la bannière du Parti conservateur aux élections fédérales. C’est avec 50 % des voix que la population de son comté le mandate pour les représenter à la Chambre des communes.

Décidément, monsieur Deltell a le vent dans les voiles : au cours de l’année 2016, après seulement quelques mois à la Chambre des communes, le Globe and Mail et le Maclean’s lui décernent tour à tour le titre d’étoile montante au sein de son parti, mais aussi plus généralement au Parlement. Il n’hésite pas à prendre la parole et à interpeller le premier ministre sur des enjeux importants, notamment l’économie.

Le nouveau chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a d’ailleurs fait de monsieur Deltell son ministre du cabinet fantôme responsable du Conseil du trésor, un rôle très important au sein de l’opposition officielle pour un député qui n’en est qu’à son premier mandat.

Malgré toute la reconnaissante témoignée à son égard, Gérard Deltell reste très humble et poursuit le même objectif : porter la voix des électeurs de Louis-Saint-Laurent, des Québécois et des Canadiens au Parlement.

7 questions à Gérard Deltell sur son travail de député

 

Qu’est-ce qui vous attire dans la politique?
Je veux améliorer la situation. Je vois des choses et je propose des façons de faire différentes. Ce qui m’attire aussi, c’est faire partie du débat public, ne pas nécessairement être observateur, mais être acteur. Essentiellement, c’est pour améliorer la vie dans la province ou au Canada.

Qu’est-ce que ça prend pour être un bon politicien?
Il faut être soi-même. Chaque homme ou femme politique a son approche et il n’y a pas de meilleure approche que d’autres dans la mesure où on reste soi-même. J’ai vu trop de gens en politique s’imaginer des choses et jouer des rôles. Ça, c’est la pire affaire. Il faut rester soi-même avec ses forces et ses faiblesses, avec ce qui nous anime, ce qui ne nous anime pas. Et quand on commence à jouer un rôle, inévitablement ça ne va pas bien. Tout conseil que je donne à celles et ceux qui veulent faire de la politique, c’est de rester eux-mêmes. Immanquablement, si vous jouez un rôle, le masque va tomber un de ces jours et le visage de la vérité va apparaître dans toute sa laideur. Alors, mieux vaut rester soi-même. Les gens vous aiment ou ne vous aiment pas, ils sont d’accord ou pas d’accord avec vous, mais ils vous respectent, ce qui est essentiel dans le métier.

Concrètement, qu’est-ce que vous faites comme travail au Parlement?
On doit préparer des analyses, connaître nos dossiers, lire beaucoup, communiquer avec des gens, parler avec eux, les écouter surtout. Le meilleur politicien n’est pas celui qui parle le mieux, mais celui qui écoute le mieux pour savoir ce que les gens veulent et pouvoir convaincre les autres élus et les décideurs par la suite. Il faut aussi préparer les discours, les questions, l’argumentaire et, bien sûr, répondre aux questions des journalistes.

Quand vous êtes dans votre circonscription, quel est votre travail sur le terrain?
J’essaie du mieux possible, quand je suis à Québec, d’être dans le comté et de voir les gens du comté. Je fais mon marché et des activités dans mon comté. Clairement, il n’y a pas une fin de semaine où je n’ai pas 9 ou 10 activités dans le comté. C’est le métier qui veut ça. Il faut être près des gens, il faut les écouter. Quand je suis dans le comté, je suis d’abord le député des gens de mon comté. Je les représente tous, quels qu’ils soient. Maintenant, si les gens viennent me parler de politique, d’enjeux politiques, c’est clair que je vais livrer mon propos, mais j’évite tout le temps la politique partisane dans la circonscription.

Où est-ce qu’on peut vous croiser dans la circonscription?
Un peu partout. Évidemment les magasins, les centres commerciaux, les supermarchés. Une des premières découvertes que j’ai faites lors de ma première campagne, il y a 9 ans, c’est que le meilleur endroit pour rencontrer les gens est le supermarché! C’est là que ça se passe! Je vais aux Chevaliers de Colomb comme je vais aux chambres de commerce. Je vais au hockey local, peu importe si les jeunes jouent au niveau peewee ou au niveau bantam. Je participe tout autant à des rencontres d’affaires.

Qu’est-ce qui est un peu méconnu de la politique, du travail de député en général?
C’est énormément un travail d’équipe. Ça ne paraît pas tout le temps parce qu’on est seul quand on prend la parole. On a une équipe qui travaille avec nous dans la circonscription et à Ottawa. Ces employés génèrent l’information, assurent le traitement des dossiers de citoyens provenant de la circonscription ou encore préparent les dossiers pour le travail parlementaire à Ottawa. Et entre députés du même parti, on travaille aussi en équipe, main dans la main.

Qu’est-ce qui se ressemble et qu’est-ce qui est différent entre siéger à Québec et à Ottawa?
En fait, le travail de député est exactement le même, c’est-à-dire être près des gens de la circonscription, les écouter, porter leur voix au Parlement, travailler les dossiers, préparer un argumentaire, débattre des idées, poser des questions, discourir en chambre. À la blague, c’est seulement cinq heures de route qui font la différence entre mon métier au provincial et au fédéral. Mais au-delà de ça, ce sont les enjeux qui sont différents, puis la trame : il y a 338 députés à la Chambre des communes qui proviennent d’un océan à l’autre, alors qu’il n’y en a que 125 à l’Assemblée nationale. À Ottawa, les débats se font dans les deux langues et on y trouve plus de gens aux expériences et aux pensées différentes.

Même si on pense avoir tout entendu ou lu à propos de Gérard Deltell, force est de constater que, même après un café, on en apprend encore! On constate à quel point il est un député rassembleur pour tous les citoyens de son comté et de la région. Le fait qu’il salue naturellement ses électeurs et qu’il prend le temps d’échanger avec eux est particulièrement représentatif de son engagement et de son dévouement au quotidien.

 

Texte Mélissa Plante

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