Comment décrocher des réseaux sociaux cet été

Les vacances approchent à grands pas. Êtes-vous capable de décrocher de Facebook, d’Instagram, de Snapchat, de Twitter et autres? Voici des trucs pour ce faire et une trousse de survie pour profiter pleinement du temps précieux qui file entre nos doigts comme une poignée de sable chaud.

La dépendance aux nouvelles technologies se compare à celle d’un alcoolique qui soutient qu’il ne boit pas beaucoup, jusqu’à ce qu’il calcule son nombre de consommations par semaine et qu’il réalise son problème.


La cause de cette dépendance est liée à une faible estime de soi. « Nous ne sommes peut-être pas bons dans les sports, mais nous nous valorisons dans les jeux vidéos », illustre Maxime Verreault, intervenant coordonnateur du
Centre d’aide Saint-Augustin (CASA) spécialisé en prévention et en traitement des dépendances.


Conscience

Quelle est la première étape pour décrocher? « D’abord, il faut prendre conscience du temps qu’on passe sur les réseaux sociaux et des conséquences néfastes qui en découlent, comme les sentiments
d’isolement, de honte et de culpabilité », précise-t-il.


M. Verreault suggère de quantifier le temps passé sur la tablette ou le téléphone intelligent en téléchargeant diverses applications. Dans l’application Facebook sur iOS et Android, on clique sur l’option Paramètres et vie privée puis sur Votre temps passé sur Facebook. Dans Instagram, on glisse sur Paramètres, puis sur Votre activité.


Finie la tyrannie

Une jeune étudiante de 17 ans en a eu assez de son obsession pour Facebook et Instagram. « Je voulais juste surfer cinq minutes et, finalement, j’en passais 15 ou 30 par jour », raconte-t-elle.


Comme plusieurs, elle est atteinte du syndrome FOMO (Fear of missing out), la peur de manquer quelque chose. En moyenne, les gens consacrent 40 minutes par jour aux réseaux sociaux. Une autre étude parle de 608 heures par année, soit l’équivalent de 35 jours par an!


L’adolescente en question a supprimé son application Facebook, mais a conservé son compte pour utiliser Messenger, pratique pour la réception et l’envoi de messages. « C’est complètement inutile, s’exclame-t-elle, tout ce temps perdu à regarder ce que les autres font de leur vie. »


Et comment ne pas ressentir un sentiment d’envie et de jalousie face aux amis virtuels qui présentent leur voyage au Portugal, qui exposent la réussite de leur enfant ou qui annoncent l’obtention d’un nouvel emploi?

Fixer des objectifs

Comme parent, on commence par montrer l’exemple en diminuant le temps passé sur son téléphone.

Si nécessaire, on supprime les applications qui peuvent entraîner une dépendance, comme les jeux ou les réseaux sociaux.

Cet été, on propose un défi à la famille : restreindre son temps de connexion à Internet. Cela peut être de 10 ou de 15 minutes par jour, d’une journée, d’un week-end ou autre. « On commence par cesser d’utiliser le téléphone comme réveil matin parce que cela nous incite à aller sur les réseaux sociaux ou les sites d’actualité », suggère Maxime Verreault.


Sortir dehors

On profite du beau temps pour sortir la marmaille. On découvre un parc ou une piscine à proximité de chez soi. On essaie une nouvelle activité : tir à l’arc, parcours d’aventure en forêt, patin à roues alignées, etc. « Avant, les parents punissaient les enfants en les gardant à l’intérieur. Maintenant, la véritable sanction, c’est d’aller dehors », ironise-t-il.

Briser l’isolement

La dépendance à l’ordinateur ou au téléphone crée un sentiment d’isolement. Durant les vacances, on renoue avec nos enfants, parents, amis ou notre conjoint. S’il pleut, on joue à un jeu de société. On s’accorde du temps pour peindre, lire, tricoter ou faire un exercice d’écriture. Un exemple de ce dernier exercice? On prend six mots au hasard et on écrit six phrases en six minutes. Rires garantis.


Vacances sans Wi-Fi

Les vacances sont une période privilégiée pour s’évader au loin. On planifie un week-end ou une semaine en canot-camping, à la pêche, dans un parc national, un chalet ou une pourvoirie qui n’offrent pas l’accès au réseau cellulaire. Sinon, on se gâte avec une journée de détente dans un spa qui propose l’option de déconnexion.


Les bienfaits d’une désintoxication numérique sont énormes. « Après avoir pris conscience de l’ampleur de leur problème et des effets néfastes sur leur vie, les gens apprennent à reprendre confiance en eux. Puis, ils découvrent qu’ils ont un projet dans la vie et une raison de se lever le matin », conclut Maxime Verreault du CASA.


De son côté, l’adolescente citée dans ce reportage consacre dorénavant son temps libre à l’apprentissage du piano. Du coup, ses résultats scolaires ont augmenté tout comme son estime personnelle. Cela vaut la peine de décrocher du monde virtuel pour vivre enfin ses véritables passions.



Par Annie Bourque

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