CHRONIQUE AUTOMOBILE

TOYOTA MIRAI – De l’eau au bout du tuyau

Alors que la plupart des constructeurs automobiles planchent sur la conception de véhicules électriques, Toyota en rajoute en proposant la voiture électrique à pile à hydrogène. Après le Japon, la Californie et la Colombie-Britannique, il a choisi la ville de Québec comme laboratoire. Son sujet : la Mirai. La voiture est toutefois loin de n’être qu’un concept. Elle existe bel et bien.

Aucune émission de CO2
Puissance de 151 chevaux et couple de 247 lb-pi
Autonomie de 500 km
Prix du véhicule essayé : 74 000 $

Depuis de nombreuses années, Toyota s’affaire au développement de technologies visant à réduire au maximum les émissions de CO2. Au début des années 2000, il a fait de la Prius la représentante de la technologie hybride. Aujourd’hui, les véhicules hybrides font partie du paysage. La voiture électrique à pile à hydrogène comme la Mirai, qui signifie « futur » en japonais, soulèverat- elle le même enthousiasme?

Pour le moment, la Mirai n’est pas offerte au grand public. Serait-il prêt à débourser quelque 70 000 $ pour acquérir une voiture dont les preuves restent à faire? Toyota préfère briser la glace en l’offrant aux parcs automobiles, comme celui du gouvernement du Québec qui en a acquis une cinquantaine.

Électrique avant tout

La Mirai est une voiture électrique, mais sa source d’approvisionnement en électricité n’est pas la même que celle des autres voitures de ce type, qui doivent être branchées pour en recharger les batteries. Dans le cas de la Mirai, l’électricité est générée par une pile à combustible. C’est elle qui produit l’électricité en combinant l’hydrogène avec l’oxygène présent dans l’air. L’hydrogène qui alimente la pile loge à l’intérieur de deux réservoirs haute pression installés sous la banquette arrière de la voiture.

Sécuritaire? L’hydrogène étant hautement inflammable, ces réservoirs sont renforcés de fibre de carbone pour procurer une résistance optimale lors d’un accident. Ils ont une capacité d’absorption d’énergie cinq fois supérieure à celle de l’acier. Divers mécanismes de protection complémentaires contribuent à rendre la voiture sécuritaire en cas d’impact.

Son autonomie atteint environ 500 km, soit davantage que la plupart des véhicules électriques offerts sur le marché. Pour parcourir cette distance, la voiture utilise 5 kg d’hydrogène, d’une valeur d’environ 50 $, pour un plein qui ne nécessite que cinq minutes.

Les stations-services pour ravitailler la Mirai se font rarissimes. Le Québec en compte une seule. Elle est située sur le boulevard Hamel, à Québec. Il faut donc une planification rigoureuse des déplacements. Je me suis quand même laissé tenter, après quelques jours d’exploration urbaine, par une balade dans Charlevoix, espérant ne pas revenir dans une remorque. Or, j’ai pu faire le trajet sans heurts et m’offrir au retour un tour de l’île d’Orléans. Malgré tout, je ne suis pas arrivé à vider complètement le réservoir. Tout compte fait, l’expérience n’est ni plus ni moins angoissante qu’au volant d’un véhicule électrique.

Confort et transparence

Sur la route, la Mirai fournit de bonnes performances, un confort douillet pour quatre personnes et une grande douceur de roulement, dans un silence quasi absolu. La berline se laisse conduire comme une automobile conventionnelle, et son comportement routier rappelle celui d’une Prius. Par contre, la structure trahit son âge, le modèle existant depuis 2014. Toyota a récemment dévoilé les couleurs de la prochaine génération, plus flamboyante et dotée d’une nouvelle plateforme à propulsion. Elle devrait être lancée en 2020.

Plusieurs observateurs ont déjà annoncé la mort des véhicules à hydrogène, considérant les voitures électriques plus efficaces. Peut-être ont-ils raison dans le contexte actuel, car la commercialisation à grande échelle de ces véhicules présente d’importants défis.


www.toyota.ca

-Jean-Pierre Bouchard

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