Adieu à la charge mentale

Au moment de préparer son thé, Véronique pense à la facture d’électricité, au souper à préparer et au rendez-vous de son fils chez le dentiste.

« La charge mentale, c’est ce que je vis au quotidien », raconte cette maman de deux garçons âgés de 7 et 3 ans et propriétaire d’une entreprise maraîchère avec son conjoint.

Préoccupée par sa « to do list », la jeune quadragénaire a parfois de la difficulté à s’endormir le soir.

Fallait demander!
Au printemps 2017, la bédéiste française Emma a mis en ligne une bande dessinée intitulée Fallait demander, qui a provoqué une avalanche de réactions. Avec un zeste d’humour, l’illustratrice a touché une corde sensible en déplorant le peu d’initiative des hommes à propos des tâches ménagères.Interrogée là-dessus, Véronique avoue une chose essentielle : « Nous, les femmes, nous ne déléguons pas assez. Pendant que mon chum est sur son pool de hockey à l’ordinateur, je me dis qu’il va sûrement venir m’aider. »

Lâcher prise
Qu’en pensent les hommes? Éric Trudel est agent de communications au Réseau Hommes Québec. « Les hommes, dit-il, ont une charge mentale intérieure et le problème, c’est qu’ils n’en parlent pas. » La solution, selon lui, réside en une meilleure communication. « Un jour, observe-t-il, un gars va faire une bonne action et plier des vêtements. En arrivant de son travail, sa partenaire, insatisfaite du résultat, va recommencer la tâche. »
Comme bien des femmes, Véronique a déjà eu cette manie. « Si Carl ne plie pas les serviettes à ma façon, je dois lâcher prise et lui dire merci. »

L’avis de la psy
La charge mentale, selon la psychologue Élise Castonguay, est un enjeu quotidien qui touche autant les mères de famille que les PDG d’entreprise.

« La charge mentale, explique-t-elle, se manifeste par l’idée de vouloir tout planifier. C’est le propre de l’anxiété. Cela répond à un besoin de contrôle. »

À l’ère des médias sociaux, la société tend à surévaluer l’action et la performance. On voit sur Facebook cette image d’une amie souriante, médaille au cou, se vantant d’avoir parcouru 20 kilomètres sous une chaleur
écrasante. « En ce moment, on sous-évalue le repos qui, pourtant, est nécessaire. Il faut valoriser le lâcher-prise et ne rien faire », dit Mme Castonguay.

Non aux comparaisons
Nos préoccupations en matière d’entretien ménager seraient moindres si on cessait de se comparer aux autres. C’est le cas de Véronique. « Ma mère était le genre Spic and Span. Moi, je ne suis pas capable d’atteindre cet idéal. »

On cesse de se comparer et on pense désormais à soi. Durant la période estivale, la psychologue Élise Castonguay se ressource dans une retraite fermée, pendant 10 jours. « C’est une véritable cure de désintoxication. Sans cellulaire, je suis confrontée à moi-même. Cela me procure un bien-être hallucinant », confie-t-elle.

Si on n’a pas cette chance, on peut s’adonner à la méditation, au kayak, au jogging. « L’important, croit Mme Castonguay, c’est de se demander : Comment puis-je arrêter la machine? Comment puis-je me ressourcer? »

Le moment présent
La meilleure façon est de vivre le moment présent. On prend le temps de savourer ces fraises rouges. On se concentre sur cette action sans penser à rien d’autre. On y parvient en reprenant contact avec son enfant intérieur. « Regardez la capacité d’un enfant de 2 ou 3 ans de s’émerveiller devant un brin d’herbe. Il faut retrouver notre capacité d’observer cette rose et de voir la lumière du soleil sur le pétale », ajoute la psychologue.

S’il pleut, on improvise une sieste avec l’élu de notre cœur ou nos enfants. Dormir en plein après-midi de semaine, quel beau privilège!

3 trucs pour retrouver un sommeil réparateur et son énergie

1. Déléguer
Marie-Christine, maman d’Edmond,
1 an, travaille à temps plein pendant l’absence de son conjoint parti travailler six mois à l’étranger. « J’achète la nourriture toute préparée à l’épicerie. Je
demande de l’aide de mon réseau pour tondre le gazon, faire le ménage, etc. »
2. Prendre une pause
Durant l’été, on évite de tout planifier. Le matin, en vacances, on privilégie des activités simples, comme une balade dans le bois. Si on travaille, on prend une pause à l’heure du midi. On ferme les yeux pour sentir le soleil sur notre peau.
3. Gratitude
La longue liste de tâches peut devenir une source de stress et de faible estime de soi. « Après chaque tâche, on se félicite de son accomplissement. On se demande : est-ce bien grave si je laisse tomber le point 8 sur la liste? », conclut
la psychologue Élise Castonguay.

 

Texte Annie Bourque

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